La division de l'appareil psychique chez Freud est essentielle elle correspond à la première et deuxième topique qui sont complémentaires. Pour faire simple voici le schéma ci-dessous qui reprend la division de l'appareil psychique qui se situe entre l'esprit et le cerveau. Le schéma reprend l'image de l'iceberg pour expliquer la situation et la division de l'appareil psychique (que l'on appelle les instances).

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La première topique considère deux systèmes : le système inconscient et le système préconscient/conscient.

La seconde topique considère trois instances : le ça, le moi et le surmoi.

Suivant le schéma ci-dessus le système conscient correspond à la partie immergée (comme la partie immergée d'un iceberg) de la vie psychique de l'individu. Vous remarquerez que cette partie immergée est de faible taille comparée à la totalité de l'appareil psychique. En définitive seule une faible partie de notre psychisme est conscient. Il en est de même pour le préconscient, dans lequel se trouve les éléments latents, sorte de seuil entre le conscient et l'inconscient, qui est aussi de faible taille comparativement à l'inconscient. La "ligne de flottaison" indique la profondeur de l'inconscient (ça et surmoi) et marque la coexistence dans le conscient du moi et du surmoi (c'est-à-dire l'unité de la personne et la barrière des interdits).

Les trois instances de la culpabilité:

  • Le ça est le lieu où naissent les pulsions, le réservoir à libido ; il est totalement inconscient. Le ça remet en question la conception philosophique, kantienne notamment, pour laquelle l'action psychique est conditionnée par l'espace et le temps. dans le ça, sorte de "chaudron en ébullition", de chaos, il ignore le temps et l'espace ou la négation. En cela, il est identifiable à la chose en soi kantienne, au vouloir vivre de Schopenhauer. Le ça s’affirme aveuglément selon le principe de plaisir.

  • le moi, renvoie à l'unité du sujet, de sa personnalité, il se caractérise par la raison (la pensée) et le narcissisme (idéal du moi); le moi est le responsable des mécanismes de défense inconscients.
  • le surmoi représente la barrière de critique auto-imposée, intériorisée. On peut le décrire comme un agresseur interne puisqu'il retourne la pulsion de mort contre le sujet, mais un agresseur utile car garant des interdits sociaux introjectés par l'individu lui permettant ainsi de vivre en société. C'est la structure morale (conception du bien et du mal) et judiciaire (capacité de récompense ou de punition). Il renvoie aux éléments culturels (interdits, parricide, inceste, héritiers du complexe d'œdipe). Il est l'instance à l'origine de la culpabilité parce qu'il critique et juge le moi.

  • Le schéma montre bien la coexistence du moi et du surmoi et la place du ça dans la constitution de l'unité de la personne. Le ça agit dans l'inconscience sur le moi, préconscient et conscient, c'est-à-dire qu'il conditionne l'unité du sujet. « La proposition : je vis, n’est que conditionnellement correcte, elle n’exprime qu’une part étroite et superficielle du principe fondamental : l’homme est vécu par le ça ».